Du décret « Paysage » au décret « FIE » : de mal en pis ?, par un collectif de professeurs de l’ULiège

Décret « Paysage » : organisation et durée des études

La mise en place du décret « Paysage » a posé et continue de poser d’énormes problèmes pratiques dans les cursus des étudiants. En acceptant sans broncher un système qui incite les étudiants à allonger la durée de leurs études (ces mêmes étudiants qui verront leurs allocations de chômage disparaître dès l’âge de 25 ans), les universités cautionneraient une politique démagogique qui, à grands renforts de réussites partielles et de crédits résiduels amenant à la confection de programmes de cours irréalisables en pratique, ne fait que postposer l’échec des étudiants les plus faibles, entraînant leur fragilisation progressive et, à terme, leur exclusion définitive des réseaux d’enseignement supérieur.

Questions :

  • quels moyens peut-on mettre en œuvre pour que les étudiants de la cohorte « intermédiaire » finalisent rapidement leur programme de cours et ainsi puissent au plus vite entamer leur cursus dans de bonnes conditions (accès aux données déposées dans l’intranet, autorisation à participer aux séances de travaux pratiques et aux stages de terrain) ?
  • quels sorts réserver aux étudiants suivant des cours de BLOC3 sans avoir réussi certains cours du BLOC 1 ? 
  • quid des étudiants se trouvant dans une situation de non-finançabilité ?
  • quid du catch 22 résultant de la double contrainte liée à l’importance accordée aux prérequis et à la nécessité de remplir le programme des étudiants à concurrence de 60 crédits au minimum, forçant ainsi les étudiants à choisir des modules de cours pour lesquels ils ne maîtrisent pas les bases et les mettant de facto en situation d’échec ?;
  • comment régler le problème du chevauchement des heures de cours et des horaires d’examens entraîné par le regroupement des cours de différents blocs (certains étudiants avancent dans leur cursus sans avoir la possibilité de suivre les cours non-réussis d’un Bloc inférieur en raison de conflits d’horaire) ?

Réforme de la formation initiale des enseignants

La réforme de la formation initiale des enseignants, dont les modalités pratiques restent vagues, risque également de poser de nombreux problèmes organisationnels. Il est manifeste que toutes les instances impliquées n’ont pas été consultées et, a fortiori, entendues afin d’éviter toute dérive résultant de ces changements (affaiblissement de la formation disciplinaire, choix prématuré des étudiants entre les filières enseignement et matière, etc.). Certains arguments forts ont d’ores et déjà été émis et publiés dans ce sens par dix Doyens issus d’universités de la FWB. L’adoption définitive du décret n’est certainement pas de nature à apaiser les inquiétudes à ce sujet; elle les attise au contraire. C’est la raison pour laquelle une partie des contributions à venir sur ce site seront consacrées à ce nouveau dispositif décrétal.

Une première version de ce document, diffusée en février 2018, constituait un prolongement de la réflexion amorcée dans la « lettre ouverte pour une université à Liège » signée par 124 chercheurs-enseignants de l’ULiège[. Elle avait pour vocation de susciter une réflexion globale sur les conditions de l’enseignement et de la recherche universitaires. Le texte qui suit a été rédigé à l’initiative d’un groupe de réflexion composé de signataires de la lettre. Il avait pour but de permettre aux candidat.e.s au poste de Recteur de l’ULiège de se positionner par rapport à des enjeux clés de la stratégie institutionnelle au cours de la campagne électorale de mars-avril 2018, et de planifier leurs actions dans le plan stratégique requis avec le dépôt de leur candidature. Les questions posées restent pleinement pertinentes dans le cadre de la campagne électorale et des élections de mai 2019.

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