Lettre à Monsieur Toni Pelosato, chef de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de Promotion sociale, de la Recherche et des Médias, par Caroline De Mulder et Nicolas Thirion

Monsieur le chef de cabinet,

La présente lettre a trait à votre invitation, reçue après le lancement du site « Le Livre noir de l’enseignement supérieur en FWB », à nous rencontrer ce vendredi 5 avril au cabinet du ministre de l’enseignement supérieur.

Après réflexion et après avoir consulté les différents contributeurs du site, nous préférons décliner l’invitation. Trois raisons motivent cette décision.

D’abord, nous ne nous considérons pas comme les porte-paroles officiels d’un mouvement, n’ayant été habilités par personne à le représenter, mais comme de simples facilitateurs d’une initiative qui permet aux acteurs de terrain de l’enseignement supérieur (au premier rang desquels les 400 signataires de la lettre ouverte publiée en septembre 2018), de s’exprimer sur les décrets adoptés durant la présente législature. Parmi ces acteurs (enseignants, chercheurs, administratifs), le sentiment largement partagé est que ces décrets (principalement « Paysage » et « Réforme de la formation initiale des enseignants ») ont été imposés depuis les salles confinées des cabinets ministériels, sans que les principaux concernés aient eu leur mot à dire ou aient eu au moins la conviction d’avoir été représentés de quelque manière que ce soit au cours du processus d’adoption et de mise en œuvre de ces dispositifs. Nous pensons du reste que les « consultations de terrain » qui auraient été réalisées, purement formelles pour la plupart, n’ont pas été suivies d’effets. En bref, ces acteurs estiment n’avoir pas été entendus. Aussi, le « Livre noir » permet-il de retrouver une voix et d’en donner une à ceux qui le souhaitent. Le travail qui commence est donc collectif, sans leader désigné et sans revendication autre que celles qui émergeront au fur et à mesure des contributions qui seront publiées et des débats qui s’ensuivront.

Ensuite, nous nous interrogeons sur la pertinence d’une telle rencontre à ce stade de la législature. Il est à la fois trop tard – car les décrets sont passés et mis en œuvre – et trop tôt – car le « Livre noir » vient de s’ouvrir et de nombreuses pages, vous vous en doutez, restent à écrire. En fin de législature, quel pourrait bien être l’objet d’une telle réunion, si ce n’est de tenter de nous convaincre, une fois encore mais en vain, que les réformes adoptées sont excellentes et que, comme cela a été à plusieurs reprises affirmé dans le passé par le ministre ou par vous-même, ceux qui penseraient le contraire n’ont rien compris ou, en termes moins carrés, que leur « ressenti » ne correspond pas à la « réalité » ?

Enfin, vous aurez constaté que la volonté exprimée par les contributeurs du site est de porter le débat relatif à la situation de l’enseignement supérieur sur la place publique, d’inviter les femmes et les hommes politiques de tous bords à participer à ce débat, dans la transparence et la clarté, et non de circonscrire celui-ci à des cénacles restreints où la garantie de publicité dans l’échange des arguments n’est pas assurée. C’est la raison pour laquelle, tout en déclinant votre invitation, nous serions heureux de publier les remarques que suscitent chez vous les arguments avancés dans les contributions publiées. Nous espérons donc que la discussion pourra se poursuivre au sein du « Livre Noir », auquel nous vous invitons à participer, ainsi que tous ceux qui souhaiteraient souligner les aspects positifs des décrets en cause.

Comme nous estimons que ce débat doit être public, nous nous permettrons de publier la présente lettre sur notre site « Le Livre Noir de l’enseignement supérieur en FWB » et sur les réseaux sociaux qui lui sont liés.

En vous remerciant pour votre invitation, nous vous prions d’accepter, Monsieur le chef de cabinet, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Caroline De Mulder

Nicolas Thirion

Soutenez « Le Livre Noir » en le suivant sur sa page Facebook et sur son compte Twitter

Un commentaire


  1. Je partage totalement l’esprit de ce courrier.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *